UNICA logo


Membre du Jury 2017

Darko Basheski (Macédoine)

Je suis né à Prilep, une petite ville de la République de Macédoine. En jetant un regard en arrière sur ma vie, je me rends compte que le cinéma était tout bonnement mon destin. Je ne me souviens pas exactement quand mon amour pour le cinéma a vraiment commencé, mais je me rappelle qu’à six ans, en école primaire, je faisais souvent déjà l’école buissonnière. Plus tard, alors que je n’étais pas en classe, mes professeurs demandaient à mes camarades quel film était à l’affiche.

C’est au lycée que je réalisais mon premier court métrage, avec l’aide du ciné-club « Prilep » de ma ville. À l’époque, nous étions réalisateur, photographe et éditeur à la fois: nous développions nous-mêmes nos bobines « super 8 » dans le petit laboratoire du ciné-club, coupions et recollions les films, rembobinions la bobine à la main pour obtenir l’édition finale. Je suis fier de voir que ce ciné-club est l’un des trois toujours actifs dans notre pays aujourd’hui.

En Ex-Yougoslavie, c’était alors la période faste pour les ciné-clubs, il y avait beaucoup de festivals avec nombre de jeunes amoureux du cinéma. L’été, des stages de cinéma étaient organisés: 10 jours d’ateliers pour les enfants et les jeunes, un moyen de recruter une nouvelle génération de cinéastes amateurs en Macédoine.

Après le lycée, je commençais des études à la faculté d’électrotechnique de Zagreb, en Croatie. Bientôt, je découvris un endroit beaucoup plus intéressant: l’Académie du Cinéma. J’essayais, mais il me fut impossible de m’inscrire à l’Académie. En effet, le processus de séparation de l’ex-Yougoslavie venait de commencer après une guerre très brutale, et le pays allait bientôt donner naissance à six républiques autonomes. Finalement, j’obtins mon diplôme de cinéma à l’université de Skopje, en Macédoine. Je garde un lien très fort avec le cinéma amateur, même le film que je présentais pour l’obtention de mon diplôme fut réalisé de la même manière que lorsque je faisais un film en tant que lycéen: je faisais tout tout seul, à la fois réalisateur, photographe et producteur.

Après l’école de cinéma, je continuais à travailler dans le métier, sur des films commerciaux ou des publicités; j’ai travaillé à la télévision publique et pour des compagnies privées. En 2004, je produisais mon premier court métrage d’animation, et je créais ma compagnie.

En juin 2008, je devins le représentant macédonien au conseil d’administration d’EURIMAGES (le fonds européen du film), et dix mois plus tard, j’étais élu président du fonds macédonien du film . Même à la tête d’un fonds responsable du financement des films professionnels, je n’ai pas oublié le cinéma amateur. Nous avons toujours soutenu les différentes activités et les festivals pour films amateurs. Certains des réalisateurs non-professionnels les plus engagés ont reçu une aide financière pour la production de leur film. J’ai conservé ce lien avec le milieu non-professionnel, en tenant à être présent lors de chacun des deux festivals nationaux du film amateur, et en  suivant de près les travaux de toutes les générations de réalisateurs de films non-professionnels.

À la fin de l’année 2015, j’ai mis fin à mon travail de fonctionnaire du fonds macédonien du film, et je suis retourné à mon entreprise et à la production de films.

En 2016, j’ai été appelé pour être le directeur exécutif du festival macédonien pour la jeunesse GIFFONI, qui est une succursale du festival italien GIFFONI EXPERIENCE, le plus grand festival du film pour les jeunes. Dans notre festival, j’essaye de partager ma passion pour le cinéma et de motiver les jeunes gens à travers de nombreux ateliers de réalisation, d’animation, d’écriture de scénario, de dessin ou de théâtre, pour qu’ils puissent prendre goût aux différentes facettes du cinéma amateur. Notre festival se tourne vers un public jeune, il s’efforce de rapprocher les films et le jeune public, pour que ce public puisse découvrir les secrets du cinéma, et pour certains, qui sait, leur future carrière.

 Darko Basheski